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OSPAR, l’organisation intergouvernementale de coopération pour la
protection de l’Atlantique du nord-est, annonce les travaux qu’elle a réalisés
concernant l’augmentation rapide de l’acidification des océans due au gaz
carbonique dans l’atmosphère et concernant les aspects techniques de la
capture et du stockage du gaz carbonique dans des structures géologiques sous-marines.
La Commission OSPAR a préparé deux rapports importants
résultant des travaux réalisés par son Comité industrie offshore et son
Comité biodiversité. Ils sont disponibles sur son site www.ospar.org à
la page “Quoi de neuf?”. Ces rapports seront officiellement publiés plus
tard cette année.
Le premier rapport, intitulé “Acidification
des océans” confirme que la présence de niveaux élevés de gaz
carbonique (CO2) dans l’atmosphère modifie la composante chimique
du carbone océanique au moins 100 fois plus rapidement qu’à
n’importe quelle époque des dernières 100 000 années. Le pH de l’eau
de mer (soit la mesure de l’équilibre entre acidité et alcalinité) est passé de
8,2 à 8,1 au cours des deux derniers siècles. Selon les modèles prévisionnels,
le pH de la mer sera réduit à 7,8 en l’an 2100. Si les
habitudes de l’homme ne changent pas,
cette valeur pourrait tomber jusqu’à 7,5, soit le niveau le plus bas que le
monde ait connu depuis au moins 10 à 20 millions d’années.
Les espèces marines qui, pour vivre, doivent se
construire une structure à base de calcium – parmi lesquelles on compte
coraux, crustacés et mollusques – souffriront de cette modification de leur
milieu. Une hausse des teneurs en CO2 de l’eau de mer tend à
affaiblir les processus physiologiques des espèces marines. On ne saurait
exclure qu’elle ne débouche également sur une réduction des autres
ressources vivantes de la mer. Le rapport se termine par une description des
priorités qu’OSPAR et ses membres devraient retenir et favoriser en matière
de recherche.
Le deuxième rapport, intitulé « Placer
le CO2 dans des structures géologiques sous-marines », évoque
les aspects techniques de la capture et du stockage dans les structures géologiques
sous-marines. C’est une des options parmi l’ensemble des mesures qui
permettraient de faire face aux changements climatiques et à l’acidification.
Quand un stockage à très long terme est possible, cette solution est à
envisager en complément de mesures de réduction à la source des gaz à effet
de serre. C’est délibérément que le rapport ne traite pas de la question du
placement du CO2 dans la colonne d’eau de la mer, car cette
solution pourrait entraîner des effets négatifs.
Le rapport montre qu’il est techniquement faisable de
placer le gaz dans des structures géologiques sous-marines, employant des
techniques qui ont déjà été essayées, et qui ont fait leurs preuves.
L’Atlantique du nord-est offre un potentiel considérable dans ce domaine; il
pourrait, en fait, accueillir le CO2 dégagé par les principales
sources ponctuelles de l’Union européenne pendant plusieurs siècles. Si les
sites étaient sélectionnés, conçus et gérés avec soin, le gaz pourrait
rester piégé pendant plusieurs milliers d’années ou même plus longtemps.
Toute évaluation des sites proposés doit tenir compte des risques potentiels
pour le milieu marin ainsi que des avantages d’atténuement du changement
climatique et de l’acidification des océans. La surveillance a donc un rôle
important à jouer et le rapport explique comment des techniques séismiques et
gravimétriques pourront être utilisées.
Le rapport conclut avec la nécessité de directives ou
d’un cadre de gestion des risques. OSPAR lance actuellement les travaux nécessaires
à l’élaboration de ces documents.
Note
à l’attention des éditeurs
La
Commission OSPAR a été créée par la Convention OSPAR pour la protection du
milieu marin de l’Atlantique du nord-est (1992) qui unifiait et actualisait
les Conventions d’Oslo (1972) et de Paris (1974). Elle rassemble les
gouvernements de l’Allemagne, de la Belgique, du Danemark, de l’Espagne, de
la Finlande, de la France, de l’Irlande, de l’Islande, du Luxembourg, de la
Norvège, des Pays-Bas, du Portugal, du Royaume-Uni, de la Suède et de la
Suisse, ainsi que la Communauté éuropéenne.
Le
Comité industrie de l’offshore d’OSPAR s’est réuni du 20 au 24 février
2006 à Copenhague. Le Comité biodiversité d’OSPAR s’est réuni du 13 au
17 mars 2006 à Trondheim.
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