Déclaration finale de la réunion ministérielle des Commissions d'Oslo et de Paris, 21-22 septembre 1992
Les ministres chargés de la protection de l'environnement, représentant les gouvernements:
- de la République fédérale d'Allemagne
- du Royaume de Belgique
- du Royaume du Danemark
- du Royaume d'Espagne
- de la République de Finlande
- de la République française
- de l'Irlande
- de la République d'Islande
- du Royaume de Norvège
- du Royaume des Pays-Bas
- de la République portugaise
- du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord
- du Royaume de Suède
- de la Confédération suisse
- du Grand Duché de Luxembourg
ainsi que le représentant du membre de la Commission des Communautés
Européennes, chargé de la protection de l'environnement,
et représentant la Commission des Communautés Européennes
- REAFFIRMANT leur engagement concernant le principe du développement
durable;
- RECONNAISSANT la Convention pour la protection du milieu marin de
l'Atlantique du nord-est et le Plan d'Action adopté en vertu de
celle-ci comme l'un des principaux moyens de promouvoir les recommandations
visées à la Partie B du chapitre Océans de l'Agenda
21 de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le
développement;
- RECONNAISSANT la contribution d'autres organisations internationales
à la protection du milieu marin;
- REAFFIRMANT leur volonté de coopérer aux programmes
instaurés dans le cadre de ces organisations;
PREMIERE PARTIE - LES REALISATIONS DES COMMISSIONS D'OSLO ET DE PARIS
- CONFIRMENT, individuellement et conjointement, leur engagement de
protéger l'environnement de l'Atlantique du nord-est, ainsi
que de prévenir et de supprimer la pollution de cet environnement;
- RECONNAISSENT l'importance des mesures prises au cours des deux dernières
décennies pour protéger le milieu marin de l'Atlantique du
nord-est dans le cadre de la Convention d'Oslo pour la prévention
de la pollution marine par les opérations d'immersion effectuées
par les navires et aéronefs, et de la Convention de Paris pour
la prévention de la pollution marine d'origine tellurique;
- PRENNENT ACTE plus particulièrement des réalisations
de la Commission d'Oslo, qui est convenue de faire cesser l'immersion en
mer des déchets industriels et des boues d'épuration, et
de mettre fin à l'incinération des déchets en mer;
- PRENNENT AUSSI ACTE plus particulièrement des réalisations
de la Commission de Paris, qui est convenue de faire cesser l'emploi des
substances dangereuses telles que les Polychlorobiphényles (PCB)
et les Polychloroterphényles (PCT), d'établir des programmes
de réduction, par exemple des métaux lourds, des organo-halogénés,
des éléments nutritifs et des hydrocarbures, et de mettre
au point ainsi que d'appliquer les concepts de meilleure technique disponible
et de meilleure pratique environnementale;
- RECONNAISSENT l'importance des programmes de contrôle et de
surveillance coordonnés mis en place dans le cadre des Commissions
d'Oslo et de Paris, ainsi que le fait qu'elles aient réussi à
élaborer une méthodologie de surveillance harmonisée;
DEUXIEME PARTIE - LA NOUVELLE CONVENTION
- SOULIGNENT l'aspect global et la simplification obtenus par la fusion
des Conventions de Paris et d'Oslo en une seule Convention traitant toutes
les sources de pollution pouvant affecter la zone maritime couverte par
la Convention;
- SE FELICITENT de la possibilité de traiter les questions relatives
à la protection du milieu marin, autres que la prévention
et l'élimination de la pollution, et de la possibilité de
prendre toutes mesures nécessaires sur ces questions en adoptant
ultérieurement de nouvelles Annexes;
- SOULIGNENT l'importance de l'adoption formelle dans la Convention;
- du principe de précaution
- du principe du pollueur payeur
- des notions de meilleures techniques disponibles et de meilleure
pratique environnementale, et notamment, en tant que de besoin, de technologies
propres;
- SE FELICITENT des nouvelles possibilités de participation
du public grâce aux nouvelles procédures permettant au public
d'avoir accès aux informations;
- RECONNAISSENT l'intérêt de la contribution apportée
par les organisations non gouvernementales aux processus de décision
des Commissions et, en conséquence, expriment leur volonté
d'intensifier la coopération avec de telles organisations lors des
travaux de la nouvelle Commission;
- SOULIGNENT l'importance de l'arrangement prévu dans la Convention
pour l'évaluation périodique de la qualité du milieu
marin de la zone maritime;
- RECONNAISSENT les améliorations apportées au processus
de décision par le fait que la Commission a compétence pour
prendre des décisions de caractère juridique obligatoire;
- SOULIGNENT l'importance de la nouvelle procédure à
respecter pour garantir l'efficacité des mesures prises par les
Parties contractantes;
- OBSERVENT que la notion de régionalisation de la protection
du milieu marin permet que les mesures adéquates soient prises en
fonction des besoins spécifiques;
- SOULIGNENT le fait que la nouvelle Commission étend le champ
d'application des Conventions d'Oslo et de Paris et complète ainsi
les dispositions internationales existantes;
TROISIEME PARTIE - PRIORITES ET OBJECTIFS DANS LES TRAVAUX FUTURS
- S'ENGAGENT à se réunir régulièrement,
et pour la première fois en 1997 au plus tard, afin d'apprécier
les progrès réalisés dans le cadre de la Convention
pour la protection du milieu marin de l'Atlantique du nord-est,
et d'adapter leurs stratégies aux résultats obtenus et aux
nouvelles priorités susceptibles de se faire jour;
- ENTERINENT le Plan d'action de la Commission, S'ENGAGENT à
le mettre en oeuvre et DONNENT MISSION à la Commission d'adopter
des objectifs et des calendriers spécifiques pour les programmes
et mesures de prévention et de suppression de la pollution par des
substances, notamment les substances radio-actives, en se fondant sur
les priorités ci-après énoncées;
- INSTAURENT un programme d'évaluation de la qualité
du milieu marin de la zone maritime;
- CONVIENNENT, par principe, et pour l'ensemble de la zone de la Convention,
d'une réduction, d'ici l'an 2000, des rejets et des émissions
de substances toxiques, persistantes et susceptibles de bio-accumulation,
en particulier des substances organo-halogénées, pouvant
atteindre le milieu marin, quelle que soit leur origine anthropogène,
à des niveaux ne portant pas atteinte à l'homme ni à
la nature dans le but de les éliminer; à cette fin, de mettre
en oeuvre des réductions substantielles de ces rejets et émissions
et, en tant que de besoin, de compléter les mesures de réduction
par des programmes visant à faire cesser l'emploi de ces substances
et de donner instruction aux Commissions de revoir régulièrement
les calendriers voulus;
- CONVIENNENT de réduire les rejets et les émissions
d'éléments nutritifs (phosphore et azote) dans les zones
où ces apports sont susceptibles, directement ou indirectement,
de provoquer une eutrophisation, et de mettre en oeuvre les mesures convenues
là où celles-ci n'ont pas encore été appliquées;
ceci englobe la définition des zones d'où proviennent les
rejets et les émissions d'éléments nutritifs à
réduire ainsi que les mesures permettant de réduire les apports
de toutes origines, notamment ceux de l'agriculture, des ménages
et des industries;
- CONVIENNENT de prendre des mesures visant à réduire
les quantités d'hydrocarbures de toutes origines, qui parviennent
au milieu marin;
- DONNENT MISSION à la Commission de faire en sorte que les
mesures voulues soient instituées afin de prévenir et d'éliminer
la pollution due aux immersions de déchets qui restent autorisées;
- INVITENT les Etats à s'efforcer de faire cesser l'immersion
des navires et des aéronefs le plus rapidement possible avant l'an
2005;
- CONVIENNENT de mettre en place des programmes de recherche coordonnée
visant à réaliser des enquêtes sur la présence
dans l'environnement et sur les effets qu'ont sur celui-ci des substances
susceptibles de provoquer une pollution si elles ne sont pas maîtrisées;
- S'ENGAGENT, de façon à faciliter leurs activités
de recherche et de surveillance continue de la zone maritime, à
promouvoir l'harmonisation des procédures pour la demande et la
délivrance d'autorisations pour mener de telles activités;
- CONVIENNENT que la Commission fera appliquer l'engagement pris par
les Parties contractantes, de définir et d'appliquer les meilleures
techniques disponibles et la meilleure pratique environnementale, et notamment,
en tant que de besoin, les technologies propres, en tenant compte, lorsque
c'est possible, de la nécessité d'intégrer des considérations
environnementales à tous les stades d'un produit, depuis sa conception
et sa fabrication, sa consommation, son utilisation jusqu'à son
élimination finale ou sa réutilisation;
- CONVIENNENT d'encourager les responsables de la conception et de
la construction d'installations offshore à veiller à ce que
cette conception et cette construction ne fassent pas obstacle à
toute possibilité d'élimination respectant l'environnement;
- EXPRIMENT leur volonté d'échanger des informations
sur les moyens de mettre en oeuvre les mesures adoptées en vertu
de la Convention;
- DONNENT MISSION à la Commission d'envisager de développer
son rôle régional et inter-régional de centre d'échange
d'informations sur ses activités relatives à la protection
du milieu marin, notamment en ce qui concerne les meilleures techniques
disponibles et la meilleure pratique environnementale;
- CONVIENNENT de mettre en place un échange d'informations sur
les techniques de recherche et de surveillance et les moyens de régulation
relatifs à l'extraction de sables et de graviers du fond des mers,
afin de déterminer s'il y a lieu d'inclure cette activité
dans le champ d'application de la nouvelle Convention;
- RECONNAISSENT la nécessité de réduire les rejets
radioactifs des centrales nucléaires dans le milieu marin et CONVIENNENT
d'agir afin de réduire encore ces rejets en appliquant les meilleures
techniques possibles.
QUATRIEME PARTIE - INVITATION A PRENDRE DE NOUVELLES MESURES
- RECONNAISSENT les travaux effectués par l'Organisation Maritime
Internationale dans le domaine de la pollution marine provoquée
par la navigation et, en particulier, INVITENT cette organisation à
reprendre ses travaux sur l'enlèvement des épaves;
- RECONNAISSENT les travaux effectués par le Conseil International
pour l'Exploration de la Mer et se réjouissent de la coopération
future avec cet organisme;
- PRENNENT ACTE de l'obligation qu'ont les Parties contractantes à
la Convention internationale de 1990 sur la préparation, la lutte
et la coopération contre la pollution par les hydrocarbures (Convention
OPRC), en vertu de cette Convention, d'exiger que des plans d'urgence soient
disponibles et INVITENT les Parties contractantes à l'Accord de
Bonn et à l'Accord de Lisbonne à envisager s'il y a lieu
d'intégrer dans ces accords des dispositions pratiques d'urgence
afin de lutter contre la pollution accidentelle provoquée par les
opérations pétrolières et gazières offshore;
- INVITENT les Parties contractantes à ratifier et à
mettre en oeuvre la Convention sur l'évaluation de l'impact sur
l'environnement dans un contexte transfrontière (Espoo, 1991), et
dans le cadre de cette convention, CONVIENNENT de renforcer leur consultations
mutuelles de manière à améliorer la protection de
l'environnement, notamment celui de la zone maritime;
- INVITENT les Etats situés dans des bassins hydrographiques
en amont de la zone maritime visée par la Convention à accéder
à la Convention, afin d'améliorer la surveillance, la prévention
et l'élimination à la source de la pollution tellurique transfrontière
charriée par les grands fleuves internationaux;
- INVITENT les Etats qui partagent les bassins hydrographiques des
grands fleuves qui se jettent dans la zone maritime à instaurer,
par une coopération bilatérale ou multilatérale, des
programmes d'action visant à assurer la protection environnementale
de leurs eaux;
- INVITENT les Parties contractantes à envisager de créer,
individuellement ou conjointement, des zones bénéficiant
d'une protection particulière;
- CONVIENNENT de prendre, individuellement et conjointement, dans le
cadre des organisations et accords internationaux pertinents, toutes les
mesures appropriées concernant la zone de la Convention afin de
préserver les habitats naturels et la diversité biologique,
et de protéger les processus écologiques;
CONVIENNENT DE CHERCHER à faire entrer en vigueur sans délai
la Convention pour la protection du milieu marin de l'Atlantique du nord-est;
PARIS, 22 SEPTEMBRE 1992
Pour les Gouvernements:
- de la République fédérale d'Allemagne
- du Royaume de Belgique
- du Royaume du Danemark
- du Royaume d'Espagne
- de la République de Finlande
- de la République française
- de l'Irlande
- de la République d'Islande
- du Royaume de Norvège
- du Royaume des Pays-Bas
- de la République portugaise
- du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord
- du Royaume de Suède
- de la Confédération suisse
- du Grand Duché de Luxembourg
ainsi que le représentant du membre de la Commission des Communautés
Européennes, chargé de la protection de l'environnement,
et représentant la Commission des Communautés Européennes.
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