OSPAR Oslo and Paris Commissions - Commissions d Oslo et de Paris
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Bilan de santé 2000
Chapitre 1 - Introduction

1.1 Objectif et portée
1.2 Le processus d'évaluation
1.3 Orientations à l'usage du lecteur

1.1 Objectif et portée

La Convention de 1992 pour la protection du milieu marin de l’Atlantique du Nord-Est, exige que les Parties contractantes ‘prennent toutes les mesures possibles afin de prévenir et de supprimer la pollution, ainsi que les mesures nécessaires à la protection de la zone maritime contre les effets préjudiciables des activités humaines, de manière à sauvegarder la santé de l’homme et à préserver les écosystèmes marins et, lorsque cela est possible, à rétablir les zones marines qui ont subi ces effets préjudiciables’. 

Pour fournir des bases à ces mesures, les Parties contractantes sont tenues d’établir et de publier conjointement à intervalles réguliers des bilans de la qualité du milieu marin, ainsi que de son évolution, pour la zone marine objet de la Convention. Ces derniers ont également pour but d'évaluer l’efficacité des mesures prises ou prévues pour protéger le milieu marin, ainsi que de définir les actions prioritaires (Article 6 de et Annexe IV à la Convention OSPAR).

La réunion ministérielle de 1992, où la Convention OSPAR a été signée, a également publié un plan d’action pour la Commission OSPAR, comprenant notamment l'élaboration d’un premier bilan de santé de l’ensemble de l’Atlantique du Nord-Est en 2000 (le ‘QSR 2000’).

En 1994, pour pouvoir satisfaire à ces engagements, la Commission OSPAR a décidé d'entreprendre la réalisation des bilans de santé (QSR, Quality Status Report) de cinq régions de l’Atlantique du Nord-Est : Région I, eaux arctiques ; Région II, mer du Nord au sens large ; Région III, mers celtiques ; Région IV, golfe de Gascogne et côtes ibériques ; Région V, Atlantique au large. Ces Régions recouvrent l’ensemble de la zone maritime de la Convention OSPAR (Figure 1.1). Les travaux réalisés précédemment au titre du QSR 1993 de la mer du Nord, des programmes de surveillance et d’évaluation de l’Arctique (AMAP) et du Groupe de coordination de la mer d’Irlande ont été pris en compte à cet effet.

Ces QSR régionaux, qui ont été publiés séparément, constituent la base du présent QSR 2000. Ceci constitue une synthèse holistique et intégrée de l’état de l’ensemble de la zone maritime OSPAR.

Pour assurer la surveillance de la qualité de l’environnement de l’ensemble de l’Atlantique du Nord-Est, la Commission OSPAR a adopté un Programme conjoint d’évaluation et de surveillance (JAMP). Le JAMP a été fondé sur l’expérience tirée entre autres de l’ancien Programme conjoint de surveillance continue des Commissions d’Oslo et de Paris, ainsi que du Plan directeur de surveillance du Groupe d’intervention mer du Nord (NSTF). Sous l’égide du JAMP, de nouvelles lignes directrices ainsi que des outils d’évaluation ont été élaborés.

La réunion ministérielle de la Commission OSPAR, tenue à Sintra (Portugal), en juillet 1998, s’est mise d’accord sur des stratégies visant à orienter les travaux futurs de la Commission. En 1998 et 1999, la Commission a adopté des stratégies, comme fils conducteurs de ses travaux à moyen et à long termes dans cinq grands secteurs, à savoir la protection et la conservation des écosystèmes et de la diversité biologique dans la zone maritime, les substances dangereuses, les substances radioactives, la lutte contre l’eutrophisation, les objectifs environnementaux et les mécanismes pour les activités offshore. 

Avec le QSR 2000 et le JAMP, ces stratégies sont le fondement même des travaux d’OSPAR.

Le présent rapport décrit les caractéristiques naturelles des environnements côtiers et au large de la zone OSPAR, et identifie les impacts des activités humaines. D’une manière générale, il résume les informations qui étaient disponibles au milieu de l’année 1998, et se concentre plus particulièrement sur l’évolution de l’environnement, et sur la mesure dans laquelle ces changements résultent de l’activité humaine, de la variabilité naturelle, ou de ces deux facteurs confondus. Un autre objectif de ce bilan est aussi d'identifier les lacunes mêmes des connaissances scientifiques, qui font à l’heure actuelle obstacle à l’évaluation de l'impact de certaines activités et de leur contexte, et en conséquence, de soutenir les règles de gestion et de politique. Les divers processus naturels et pressions d’origine humaine, qui s’exercent sur la zone, sont analysés et comparés en tenant compte de leur degré de gravité et de leur échelle, ainsi que de l’importance qu’ils ont à long terme pour l’environnement, pour la santé humaine, pour les ressources et pour les loisirs. Enfin, des conclusions sont tirées sur le plan des priorités en matière de politiques et d’interventions de gestion, nouvelles ou révisées, qui permettraient de renforcer la protection du milieu marin.

Figure 1.1 Zone maritime OSPAR

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1.2 Le processus d’évaluation

Les évaluations du milieu marin constituent désormais une partie intégrante des programmes nationaux, régionaux et mondiaux de protection des zones marines et côtières. Elles donnent en effet la possibilité de réunir et d'évaluer les résultats de la recherche scientifique et de la surveillance, ainsi que des informations sur les activités humaines, aussi nombreuses que diverses, qui, directement ou indirectement, sont susceptibles de modifier ou de porter atteinte aux caractéristiques naturelles du milieu marin. Combinées, ces connaissances peuvent être exploitées afin de pouvoir caractériser les changements, leurs causes et leurs conséquences, et pour déterminer les impacts exigeant une intervention rapide des décideurs politiques et des gestionnaires de l’environnement. Les évaluations permettent aussi de juger de l’efficacité des mesures actuelles ayant pour but d’empêcher la dégradation du milieu marin, de protéger de précieuses espèces et communautés, et de restaurer des habitats et des écosystèmes marins dégradés.

L’évaluation générale qui figure dans le présent QSR est fondée sur les informations les plus récentes, tirées de sources nationales et internationales, et notamment des travaux du Comité évaluation et surveillance de l’environnement (ASMO) et du Comité programmes et mesures (PRAM) d’OSPAR, ainsi que du Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM), et de leurs groupes de travail respectifs. La littérature scientifique et autre bibliographie, des organisations internationales, et notamment de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) et d’Eurostat ont également été exploitées. Les organisations non gouvernementales disposant du statut d’observateurs auprès d’OSPAR ont été invitées à remettre leurs observations ; celles-ci ont été prises en compte dans l’élaboration du QSR. Par ailleurs, le CIEM a procédé à une relecture par des pairs scientifiques, d'un projet élaboré du présent QSR. 

Les informations ont été rassemblées à l'origine par des Equipes de travail régionales (RTT), composées de représentants des pays concernés par les cinq Régions OSPAR. Le volume de renseignements en possession sur chacune des Régions ne pouvait qu’être variable, puisqu’il dépendait de l’ampleur de la recherche et de la surveillance exercées par le passé ainsi que de la disponibilité des ressources. Ainsi les thèmes ne sont pas abordés avec le même degré de profondeur ou de détail pour toutes les parties de la zone maritime, les conclusions sont tirées sur la base des seules informations disponibles. 

Bien que la plus grande partie des informations concernent les années 1990, pour certains des thèmes étudiés, on a été amené à exploiter des données antérieures, soit en raison de la rareté des données récentes, soit encore car l’analyse des tendances implique l’étude des situations historiques. Bien que tout ait été fait pour assurer la comparabilité des données obtenues à des dates et en des lieux différents, les méthodes appliquées sont susceptibles de différer considérablement, certaines des comparaisons ne pouvant être de ce fait que fragiles. Lorsque des incertitudes de ce type ont été décelées, elles ont été indiquées dans le texte.

1.3 Orientations à l’usage du lecteur

La structure du QSR 2000 est la même que celle des QSR régionaux, en ce sens qu’il est composé des mêmes six chapitres. Après la présente introduction, ou chapitre 1, le chapitre 2 donne une vue d’ensemble de la géographie, de l’hydrographie et du climat de l’Atlantique du Nord-Est, créant ainsi une base pour les descriptions approfondies des caractéristiques physiques, chimiques et biologiques de la zone, présentées dans les chapitres suivants. Le chapitre 3 indique, dans les grandes lignes, les plus importantes des activités humaines, ayant une influence sur l’Atlantique du Nord-Est. Le chapitre 4 résume les informations que l’on a des caractéristiques chimiques de l’Atlantique du Nord-Est, en se concentrant sur des apports de contaminants et de nutriments, ainsi que sur leurs teneurs dans les divers substrats et compartiments de l’environnement. Le chapitre 5 évoque les caractéristiques biologiques des écosystèmes côtiers et offshore, tout en se concentrant plus particulièrement sur les causes, les impacts et les conséquences des changements qui se produisent dans leurs caractéristiques naturelles. Enfin, au chapitre 6, on dégage des chapitres 2 à 5 les conclusions permettant de déterminer les tendances, l’efficacité des mesures ainsi que les principales causes de toute dégradation de l’environnement dans l’ensemble de la zone, pour en tirer les mesures de gestion et les actions scientifiques nécessaires au rétablissement de la situation.

Dans l’évaluation générale que l’on trouvera au chapitre 6, on définit, dans toute la mesure où ceci est possible à l’heure actuelle, les facteurs qui régissent les modifications de l’environnement dans les diverses Régions, d’où la possibilité de définir les priorités parmi les pressions exercées par l’homme, en fonction de leurs incidences sur l’Atlantique du Nord-Est. Ces conclusions sont fondées sur des dires d'experts, qui ont ainsi déterminé et apprécié toute une série d’incidences, lesquelles diffèrent par leur nature et par leur importance ainsi que par leurs dimensions spatiales et temporelles. 

Les conclusions et les recommandations figurant dans le présent QSR ont pour but d’attirer l’attention sur les problèmes, et de définir les priorités devant être considérées par les instances compétentes, pour des travaux futurs. Dans son propre domaine de compétence, la Commission OSPAR décidera des suites à donner à ces conclusions, recommandations et mesures à prendre en priorité. Les droits et les obligations des Parties contractantes ne sont donc en rien affectés par le présent QSR.

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